Les maréchaux français à l’étranger : l’Espagne

Partir à l’aventure, découvrir de nouveaux horizons, ou encore pour répondre à des offres intéressantes, de nombreux maréchaux français s’expatrient à l’international.

Quelles sont les bonnes raisons de s’expatrier pour un maréchal ? Quel regard à l’étranger sur les maréchaux français ? Quelles difficultés faut-il surmonter ?

Partons à la rencontre de Marc, qui a franchi le pas !

Ekico : Marc, vous êtes un maréchal-ferrant Français établi à Madrid. Pour commencer, quelle a été votre formation ?

Marc : Après un BAC technologique, je me suis intéressé à la formation de maréchal-ferrant. Je ne partais pas de zéro, je suis cavalier (Galop 7, ndlr) et j’avais déjà des bases de maréchalerie. J’ai débuté mon apprentissage par un classique BEPA Maréchalerie puis j’ai continué sur un BTM en 2012. J’ai suivi ces formations en partie à Saint Hilaire du Harcouët et également à l’école militaire de St Cyr Coetquidan. J’ai un souvenir particulièrement bon de St Cyr car il y avait une centaine de chevaux là-bas. J’ai donc pu faire beaucoup de pratique, beaucoup de ferrage forgé. Cela m’a permis de prendre de l’expérience. Tout au long de mon parcours j’ai appris auprès de différents patrons comme Yohann Jupin, qui est maintenant professeur à l’école de Laval. Nicolas Castello, professeur à St Hilaire du Harcouët m’a également suivi et appris tout au long de mes deux années de BTM.

J’ai parcouru la France dans les concours de maréchalerie durant ma formation. C’est lors de ces différentes expériences que j’ai rencontré un Français qui travaillait en Espagne, qui cherchait un maréchal-ferrant. Je suis donc parti faire un essai d’une semaine là-bas, et ça m’a plu. Alors j’ai pris la direction de l’Espagne pour y vivre et travailler avec lui !

Ekico : Il y avait-il une raison particulière pour tenter l’aventure de l’expatriation ?

Marc : Non, cela ne faisait pas partie de mes plans, mais ça m’a tenté de partir à l’aventure. De plus, l’Espagne n’est pas loin et il est simple de rentrer en France si nécessaire. Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières, tout s’est très bien passé.

J’ai eu la chance de rencontrer Franck Billard, un excellent patron, très dévoué. Il s’est également construit une bonne clientèle. Cela m’a permis de rentrer facilement dans le moule et de parfaitement m’adapter. Je suis expatrié depuis dix ans maintenant, et j’en suis vraiment enchanté.

Ekico : Une expérience qui fait envie ! Pour ceux qui douteraient encore de franchir le pas de l’expatriation. Auriez-vous un petit conseil ?

Marc : Foncez !

N’hésitez pas à aller voir ailleurs, découvrir d’autres maréchaux, d’autres techniques de travail. Même en étant en apprentissage, car vous apprendrez de tous. Il y a toujours un apprentissage à retirer, des moins bons comme des meilleurs. Et il n’y a aucune honte si cette aventure ne fonctionne pas, d’autres seront alors à saisir !

Ekico : Merci pour ce message plein d’humilité et d’ouverture Marc ! Mais soyons un peu chauvin... Les maréchaux français en Espagne ont-ils la côte ?

Marc : Les maréchaux français ont bonne réputation en Espagne.
C’est notamment dû au fait qu’il n’y a pas d’école de maréchalerie en Espagne. La profession n’est pas reconnue par le gouvernement. Il est donc vrai que quand nous arrivons avec une expérience pouvant aller jusqu’à cinq ans d’études en maréchalerie, une bonne expérience en forge, d’anatomie et de cours, le CV est plutôt bon. On est rapidement respecté, même vis-à-vis des vétérinaires. Donc oui, la maréchalerie française est réputée en Espagne ! Cela fait d’ailleurs maintenant depuis plusieurs années que des maréchaux français viennent travailler en Espagne.

Ekico : Des offres sont donc à pouvoir en Espagne ? À bons entendeurs ! Quelle est la chose qui vous manque le plus de la France ? Et celle qui vous manque le moins ?

Marc : Je pense que les qualités de travail sont meilleures ici. Je trouve par exemple la clientèle de sport très bonne. Je me fais plaisir dans mon activité au niveau ferrure par exemple, c’est intéressant, je ne ressens pas tellement de limite. Je ne sais pas si j’aurai d’aussi bonnes conditions de travail en France.

Même au niveau personnel, rien ne manque non plus. L’Espagne est frontalière à la France, les vols sont rapides, tout se passe très bien.

Ekico : Un petit mot pour finir ?

Marc : Pour finir, ça fait maintenant dix ans que je suis en Espagne et je n’ai pas un seul regret. Je suis très heureux de l’expérience acquise, de mon évolution en tant que maréchal grâce à cette aventure.

Que ce soit sur le plan professionnel, comme personnel, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie 🙂 Un grand merci à Frank Billard, qui m’a permis cette évolution et qui m’a transmis tout ce qu’il savait !

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