Les maréchaux français à l’étranger : les Émirats Arabes Unis

 Partir à l’aventure, découvrir de nouveaux horizons, ou encore pour répondre à des offres intéressantes, de nombreux maréchaux français s’expatrient à l’international.

Quelles sont les bonnes raisons de s’expatrier pour un maréchal ? Quel regard à l’étranger sur les maréchaux français ? Quelles difficultés faut-il surmonter ?

Partons à la rencontre d’Anthony Rodia, qui a franchi le pas !

Ekico : Anthony, vous êtes le dirigeant de Al Bouraq Horse Supplies, basée à Abu Dabi. Pour commencer, quelle a été votre formation ?

Anthony : En termes de diplôme, j’ai passé classiquement un CAPA puis je me suis perfectionné avec l’obtention de mon BTM en 2006 au CFA du Comminges. Mon apprentissage a été réalisé en France au sein de différentes entreprises, puis j’ai travaillé en tant que salarié durant deux ans.

En 2008, j’ai créé mon entreprise en France, et c’est en 2012 que je suis parti pour les Émirats Arabes Unis ! (EAU)

Ekico : Pourquoi ce choix de pays ? Quelles ont été pour vous les raisons de partir ? Est-ce difficile ?

Anthony : C’était une période de ma vie où je me suis posé beaucoup de questions. J’ai voulu changer d’air, voir d’autres horizons. En 2011, une place était proposée aux EAU, où je suis partie faire un essai, mais cela n’a pas fonctionné. Rien de grave, car j’avais toujours mon entreprise en France.

En revanche, cela m’a permis de découvrir le pays, grâce aux maréchaux français sur place. L’année d’après, en 2012, on m’a proposé une nouvelle opportunité dans ce même pays. Mes amis m’ont encouragé à y aller. N’ayant pas réellement d’attache en France à ce moment-là, j’ai franchi le pas ! Je ne pensais pas y rester si longtemps, et encore moins y créer ma propre société !

Le pays m’a permis de travailler avec des chevaux de haut niveau, notamment en CSO (2* à 5*/ JEM/Asian Games, etc.), et aussi avec des PSA de qualités, principalement pour la discipline du Show (modèle et allures).

Aussi, l’expatriation m’a permis de réellement apprendre l’anglais ainsi que d’autres langues et  cultures. Voir soi-même ce qu’il se passe vraiment ailleurs permet d’être parfois plus objectif.

En revanche, il est certain qu’il ne faut pas être casanier et ne pas craindre la distance, notamment avec la famille et les amis. Cela demande malheureusement de faire des concessions, c’est aussi un choix de vie. Heureusement, la technologie permet une incroyable communication régulière.

Ekico : Un pari qui semble réussi pour vous, autant sur le plan professionnel que personnel. Quels conseils donneriez-vous à des maréchaux qui hésitent ?

Anthony : Ne pas hésiter, foncer, car c’est une expérience unique qui apporte beaucoup de maturité. Même si l’expatriation ne vous convient pas, vous serez toujours à même de rentrer chez vous quand bon vous semble. J’ai pour habitude de dire qu’avant de juger, il faut essayer… à bon entendeur !

Ekico : Le message est clair ! Et quelle réputation ont les maréchaux français aux Emirats ?

Anthony : Les maréchaux français ont souvent la côte, grâce aux écoles et au niveau de formations que nous avons. Les formations sont régulièrement mises à jour et très complètes. Cette reconnaissance n’est pas valable seulement pour les EAU.

Grâce à l’expatriation, j’ai vraiment pris goût aux voyages ! C’est pourquoi avec mon ancien professeur du CFA de Gourdan-Polignan, devenu ami fidèle, Nicolas Guilliot, nous avons décidé de joindre l’utile à l’agréable, et transmettre notre savoir-faire et notre ouverture d’esprit.

Nous voyageons donc vers des pays qui sont dans le besoin, pour faire progresser les maréchaux-ferrants locaux et améliorer leurs quotidiens en termes de résultats, ergonomie & bien-être animal.

Nous visitons et partageons régulièrement notre expérience au sein du Pakistan, de la Thaïlande, de l’Arabie Saoudite, de la  Jordanie, d’Oman, et bien d’autres.

Ekico : Vous êtes un véritable homme du monde ! La France vous manque-t-elle parfois ?

Anthony : Je me sens pris entre deux feux. Oui, la proximité avec ma famille et mes amis me manque… Mais beaucoup moins la mentalité des Français ! (rires)

Ekico : Un grand coup de cœur pour l'étranger... Quel est votre mot de la fin sur votre expérience d’expatrié français aux Emirats ?

Anthony : Mon expérience est une partie de ma vie que je ne regretterai jamais, pour rien au monde. Celle-ci m’a tellement appris professionnellement, et surtout humainement en termes d’ouverture d’esprit, d’hospitalité et du respect d’autrui.

Quand j’ai l’occasion de regarder certains films (dans ma troisième maison, l’avion, (rires)), souvent, je m’identifie et me remémore toutes ces formidables histoires. J’ai la chance de pouvoir les raconter à mes enfants. Un jour peut-être, cela leur servira à trouver leur propre équilibre et je leur souhaite surtout qu’il soit comme moi, libre de pouvoir vivre de leurs passions !

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