Lettre ouverte aux propriétaires, par Antoine Zaccone, maréchal-ferrant

Le maréchal-ferrant intervient toutes les six semaines environ auprès des chevaux dont il a la charge. Mais ces derniers n’ont pas toujours une éducation appropriée…

La sécurité du maréchal-ferrant est-elle toujours au rendez-vous ?

Le rôle et devoir du maréchal-ferrant, un bref rappel

Le rôle du maréchal-ferrant est de préserver la boîte cornée en assurant une fonctionnalité optimale du pied. Pour ce faire, il est nécessaire de prendre en compte divers paramètres propres à chaque individu, comme la conformation, les aplombs, l’âge, l’activité, l’environnement.

Le respect de ces principes permet une répartition homogène des forces qui agissent sur les différentes structures, dans le but d’optimiser la locomotion.

Il est également essentiel que le professionnel possède une bonne connaissance de l’anatomie, de la biomécanique, une capacité d’observation de l’environnement, des sols, de la discipline, qu’il soit informé des éventuels antécédents en vue de réaliser une anamnèse pour finalement orienter l’acte de maréchalerie dans le bon sens.

Les conditions de travail du maréchal

Afin de remplir ses missions, certains principes fondamentaux devraient-être respectés. Mais est-ce bien toujours le cas ? Sont nécessaires :

– Un sol plat pour une bonne visualisation des aplombs, non glissant.

– Un point d’attache fixe, avec un nœud facilement détachable.

– Un abri. Sous la pluie, les outils coupants glissent des mains et mettent en danger l’intégrité physique du cheval, du maréchal et/ou du teneur de pieds.

– Une propreté minimum des membres : un cheval doit être relativement propre, sans une présence importante de boue par exemple, qui gêne la manipulation.

– De l’électricité à proximité car certaines opérations nécessitent l’usage d’outillage électrique.

– De l’eau à disposition car l’opération d’ajustage se fait le plus souvent sur un fer chauffé qui devra être refroidi à l’eau.

La sécurité, une nécessité qui fait parfois défaut

Les témoignages à ce propos ne sont pas rares :

« Mes projets sont en stand-by car j’ai eu un accident avec un cheval. Je prends un peu de repos et de recul avec le boulot, j’ai deux côtes cassées », déclare un maréchal-ferrant.

« Ma maréchale est encore accidentée. Elle est trop gentille, accepte de dépanner les chevaux difficiles et voilà ce qui arrive ! », s’alarme une propriétaire.

« J’avoue que j’ai parfois un peu honte. Mon jeune cheval fait n’importe quoi avec le maréchal, jusqu’à s’appuyer sur lui pour se mettre debout ! Quand je lui fais les pieds, il ne fait pourtant jamais ça… J’ai peur qu’un jour un accident se déclare pendant ses ferrages », confie une propriétaire.

« Pour notre sécurité, il est indispensable que les chevaux soient normalement éduqués quel que soit leur âge », commente Antoine Zaccone. À savoir, donner les pieds sans crainte et sans retrait et être capable de tenir à l’attache suffisamment longtemps. Le maréchal doit également savoir moduler l’organisation de ses tâches en fonction du degré d’éducation ou de l’état physique du cheval, dans le cas d’un cheval présentant des douleurs articulaires notamment. Pouvoir travailler dans un environnement calme et dégagé participe également à la sécurité du cheval et du maréchal pendant son travail, comme le rappelle Antoine :

« Le passage des cavaliers et de leurs chevaux dans les allées inquiète le cheval à l’attache, tout comme le passage d’engins. De même, la distribution des rations provoque une émulation dans toute l’écurie, rendant l’action du ferrage beaucoup plus difficile et potentiellement dangereuse. Enfin, l’éloignement de ses congénères provoque son inquiétude et peut engendrer un comportement dangereux. En cas de problème, malgré ces différentes dispositions, les opérateurs doivent aussi pouvoir facilement s’extraire d’une situation à risque. Un espace encombré, qui limite la surface de travail, augmente le risque de blessure du cheval en cas d’agitation. Les vieux fers et clous, ainsi que l’outillage doivent être tenus le plus à l’écart possible pour éviter que le cheval ne marche dessus et se perfore la sole. Pour le respect et la sécurité de tous, il convient d’être bienveillant les uns envers les autres ».

Le respect de quelques règles de sécurité simples a un impact direct sur l’intégrité physique du maréchal-ferrant, sur la qualité de son travail, mais aussi sur l’intégrité physique des personnes qui l’entourent et du cheval lui-même. « Travailler sur un être vivant dépourvu de parole est compliqué, quelques règles de bon sens contribuent à ne pas rendre la tâche plus difficile qu’elle ne l’est déjà », conclut Antoine Zaccone

Article proposé par Antoine Zaccone, The Perfect Fit Trainer

Facebook : Antoine Zaccone

Site : The perfect fit trainer

Restons en contact, inscrivez-vous à notre newsletter

Partager :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

2 Comments

  1. Surville

    Non comment.
    Entièrement d’accord avec toi,
    Cher confrère maréchal

  2. Girbas

    Bonsoir je trouve votre article très intéressant et approprié pour que chacun sache ce qu’il doit attendre et ce dont le maréchal est en droit d’attendre pour ses conditions de travail.
    La 1ere question qui me vient en lisant l’article c’est:rôle du maréchal-ferrant est de préserver la boîte cornée en assurant une fonctionnalité optimale du pied.
    Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est une bonne boîte cornée d’une mauvaise? Et ensuite la fonctionnalité du pied ? Et pour terminer comment ou pourquoi il peut x

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

À la une

Articles Similaires