Luca Moneta - Neptune

Le pied sans fer, menace ou opportunité pour le maréchal ? La vision de Luca Moneta

Luca Moneta
Source : horse-academy.fr

Luca Moneta monte en 5* et a participé aux plus grosses échéances en saut d’obstacle. Qualifié “d’Ovni” par le magazine Grand Prix, il est défini comme un athlète atypique, par son approche éthologique et ses chevaux sans fers.

Nous avons souhaité contacter le célèbre cavalier pour en savoir davantage sur ses choix et la gestion de ses chevaux pieds nus au très haut niveau.

Ekico : Monsieur Moneta, est-ce que tous vos chevaux sont pieds nus ? Ou seulement certains d’entre eux ?

Luca : Très peu de mes chevaux sont à 100% pieds nus. Pour la grande majorité d’entre eux j’utilise des bandes ( type perfect hoof wear), et j’utilise aussi des hipposandales.
De mon expérience, d’avoir les chevaux pieds nus et sans aucune protection, ça peut être très compliqué.
La qualité des pieds, le passif, l’âge… sont des points importants dans la possibilité d’être pieds nus ou pas et dans certains cas, c’est trop extrême et douloureux d’avoir des chevaux sans protection.

Ekico : D’accord. Et qu’est-ce qui vous a amené à explorer cette approche ? Une approche qu’on peut appeler “naturelle” ?

Luca : Non, ce n’est pas une question d’approche naturelle ou pas naturelle, ça n’a pas à voir avec ça. 
C’est que dans mon expérience, j’ai eu certains chevaux et la gestion de leurs pieds a été très difficile, nous ne trouvions pas de solutions malgré l’étendue des possibilités avec les fers. 
Cela m’a amené à chercher d’autres alternatives avec mon équipe.
Dans certaines conditions j’ai recours aux fers (sur les terrains en herbe par exemple), mais globalement je recherche le compromis entre protection et fonctionnement sans fers.

Ekico : Et comment ces changements sont gérés par votre équipe ? Particulièrement pour votre maréchal et votre vétérinaire ?

Luca : C’est arrivé à plusieurs reprises que nous ne tombions pas d’accord avec le vétérinaire et/ou le maréchal. Ce n’est pas toujours facile d’essayer de faire autrement que ce qui est habituel de faire, et certains professionnels ont préféré ne pas m’accompagner dans ces changements.
Une fois que nous sommes d’accord entre nous (maréchal/podologue, vétérinaire et cavalier) on travaille tous ensemble, on est un vrai team. C’est indispensable de travailler en équipe.
Dans certaines conditions j’ai recours aux fers (sur les terrains en herbe par exemple), mais globalement je recherche le compromis entre protection et fonctionnement sans fers.

Ekico : Pourquoi selon vous ces alternatives sans fers ne sont pas plus explorées et adoptées par les cavaliers ?

Luca : Ce que je crois, c’est que c’est difficile de faire autrement que ce que l’on a toujours fait et toujours connu.
Ça peut être difficile de franchir le pas de tester des choses nouvelles, d’oser essayer des solutions qui ne rapportent pas de résultats ou des résultats moins bons, tâtonner jusqu’à obtenir l’amélioration recherchée.

Ekico : Pourtant vous, vous êtes la preuve que ça peut fonctionner.

Luca : Oui, mais moi aussi j’ai fait beaucoup de conneries ! Ça m’est arrivé de faire des erreurs dans ce travail de recherche.
Mais on réussit aussi parfois à obtenir des résultats supers, par exemple avec mon cheval Neptune Brecourt, avec qui j’ai fait les championnats du monde, les championnats d’Europe. Il a besoin d’un suivi orthopédique bien spécifique et je pensais que ce n’était pas possible de le laisser sans fers.
Il a eu une période de repos il y a quelques années, où il ne faisait que du paddock. J’ai décidé à ce moment-là de le déferrer et de lui bander les pieds tant que je ne le montais pas.
Durant cette réhabilitation, je trouvais que Neptune bougeait vraiment de mieux en mieux…
Alors j’ai voulu le monter un peu comme ça pour voir, sans le referrer et avec les pieds bandés.
J’ai trouvé que ça lui allait vraiment bien, et depuis ce jour il est en pleine forme, nous sommes classés en épreuve, pour moi il va bien, je trouve qu’il bouge magnifique !

Ekico : J’ai une dernière question. En France il y a des tensions entre les maréchaux et les personnes se positionnant comme podologue. Ce n’est pas reconnu chez nous ce statut aujourd’hui, c’est même interdit pour les personnes non titulaires d’une formation en maréchalerie ou en médecine vétérinaire. C’est aussi le cas en Italie ?

Luca : Je crois que c’est un peu pareil chez nous. Je crois que les maréchaux sont peut-être un peu inquiets de perdre leur métier.
Alors que moi je crois qu’au contraire, ça leur ouvre de nouvelles perspectives et leur donne encore plus d’importance dans la gestion des pieds de nos chevaux.

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