Graine de maréchale-ferrante avec Marion Chassagne

Un vent nouveau souffle sur le domaine de la maréchalerie en France ! Connectées, féminisées, ou encore utilisatrices des nouveaux outils de communication, les nouvelles générations formées à la maréchalerie allient artisanat de tradition et codes de la modernité. Marion Chassagne, apprentie maréchale-ferrante en première année de BTM, en est la parfaite illustration. Pétillante et dynamique, Marion nous livre sa vision de la formation des maréchaux made in 2022 !

Ekico : Marion, pour commencer, peux-tu nous en dire un peu plus sur ton rapport avec le monde du cheval et pourquoi avoir choisi la maréchalerie ?

Marion : « J’ai commencé l’équitation à l’âge de quatre ans et n’ai jamais arrêté depuis. Je souhaitais faire un métier en lien avec le cheval mais qui permettait de gagner correctement ma vie. Je me suis donc renseignée sur le métier de maréchal-ferrant puis, durant mes vacances scolaires, j’ai fait des stages avec différents maréchaux de ma région. Le métier m’a tout de suite plu ! »

Ekico : Quelle école as-tu choisie pour te former ? Pourquoi avoir choisi l’établissement en question ?

Marion : « J’ai suivi ma formation de CAPA ainsi que celle de BTM à Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère. J’ai choisi cette école car elle est proche de chez moi et les professeurs des matières techniques y sont réputés. Mon professeur d’hippologie est Antoine Seguin, vétérinaire très réputé dans le domaine de l’endurance équestre. Et les professeurs de forge sont Pierre Jean Lafitte et Mathieu Delcroix (meilleur ouvrier de France).»

Basé dans le département de la Lozère (48) dans la région Occitanie, le LEGTPA de Saint-Chély forme ses élèves aux enseignements généraux, technologiques et professionnels agricoles. Les cœurs de métier de cet établissement sont les métiers agricoles, l’élevage bovin et équin, l’équitation, la maréchalerie, et l’environnement.

Ekico : Qui dit formation en apprentissage dit maître d’apprentissage. Comment as-tu choisi ton patron pour te former ?

Marion : « J’ai eu la chance d’avoir un patron dans ma région (Jérôme Roussel, ndlr), pas trop loin de chez mes parents, et qui s’intéresse à la forge. Ça a tout de suite collé ! »

Ekico : Côté enseignement, comment se compose la formation du CAPA maréchalerie puis du BTM ? Pourquoi as-tu continué sur un BTM ?

Marion : « En résumé, le CAPA (Certificat d’aptitude professionnelle agricole) Maréchalerie a pour but de nous former à savoir ferrer un cheval et forger des fers simples dans un temps donné. Le BTM (Brevet Technique des Métiers) Maréchalerie apporte un côté technique beaucoup plus poussé. Il permet de voir les différents fers orthopédiques, mais aussi la gestion d’une entreprise ou encore l’hippologie, qui permet d’avoir des connaissances supplémentaires sur le cheval dans son ensemble. J’ai donc poursuivi sur un BTM pour acquérir plus de connaissances et avoir plus d’expérience.”

Ekico : De ton point de vue, quelles améliorations pourraient être apportées à la formation des élèves en maréchalerie ? Aurais-tu un conseil à donner aux jeunes qui réfléchissent à embrasser la profession de maréchal-ferrant ?

Marion : « La formation est bien faite, à mon sens. Peut-être un peu courte pour avoir le temps de tout voir… c’est intense !

Je pense qu’il ne faut pas choisir ce métier par dépit car c’est un métier difficile et surtout un métier de passion, il est compliqué de s’améliorer si l’on n’est pas vraiment motivé(e) ! C’est un très beau métier mais qui demande des sacrifices, il faut donc bien réfléchir avant de se lancer. Et je recommande fortement la formation en apprentissage pour cela. »

Ekico : Et, plus particulièrement, quel(s) conseil(s) pourrais-tu apporter aux filles qui souhaitent emprunter cette voie ?

Marion : « Je pense qu’aujourd’hui le métier et les mentalités ont beaucoup évolué ; si une fille est motivée, elle aura sa place au même titre que les hommes dans cette formation.

Cela reste un métier manuel et physique, qui est donc plus difficile pour une femme, mais loin d’être hors de portée ! Avec de la motivation on y arrive très bien, on réfléchit juste différemment pour s’économiser au maximum. »

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