Après une fracture, comment les praticiens peuvent-ils évaluer la manière dont un chien utilise le membre atteint tout au long de sa rééducation ? En complément de l’observation visuelle de la locomotion, l’analyse objective apporte des repères mesurables pour suivre l’évolution des appuis et du mouvement.
Jane Charman, fondatrice de Pet Therapy Rooms, partage le cas de Honey, un Whippet adressé pour une fracture du carpe droit dont la consolidation restait incomplète après huit semaines. Utilisé en complément d’un programme de rééducation, Tendiboots™ a permis de documenter l’évolution de la locomotion de Honey entre les consultations.
Fractures du carpe : les enjeux de la récupération
Le carpe est l’équivalent du poignet humain. Une fracture dans cette zone peut perturber la mise en charge et l’utilisation du membre antérieur blessé.
Pendant la convalescence, plusieurs défis peuvent survenir simultanément : douleur, diminution de l’utilisation du membre, raideur articulaire et perte musculaire. La rééducation vise donc à restaurer la fonction tout en respectant le processus de consolidation osseuse. Ces deux aspects sont complémentaires : une meilleure mise en charge ne confirme pas à elle seule la consolidation d’une fracture. Source : American College of Veterinary Surgeons.
Les praticiens doivent également comprendre comment le chien adapte sa démarche et si des asymétries persistent tout au long de la récupération.
Honey : une consolidation incomplète après huit semaines
Lors de la première consultation de Honey chez Pet Therapy Rooms, huit semaines après la blessure, la fracture du carpe droit n’était pas entièrement consolidée.
Selon Jane, l’activité de Honey jusqu’à ce moment-là se limitait à des promenades en laisse avec le propriétaire. Le premier enregistrement Tendiboots™ a été réalisé avant tout traitement au centre, fournissant une évaluation de référence de la démarche de Honey.
Cet enregistrement initial a servi de référence pour le suivi de l’utilisation du membre antérieur droit après le début du traitement.

Pourquoi combiner la técarthérapie et l’hydrothérapie ?
Jane a choisi un programme associant técarthérapie Winback et hydrothérapie, afin d’accompagner la récupération de Honey et d’améliorer sa condition physique générale.
Qu’est-ce que la técarthérapie ?
La técarthérapie est une technique non invasive utilisant un courant électrique de haute fréquence, transmis par des électrodes en contact avec le corps. Son nom fait référence au transfert d’énergie capacitif et résistif.
L’énergie transférée peut générer de la chaleur au sein des tissus, dont l’intensité dépend des réglages utilisés. En rééducation, la technique est employée avec des objectifs tels que le soulagement de la douleur, la relaxation musculaire et l’amélioration de la mobilité. Le praticien adapte l’application à la zone traitée et à l’état du patient. En savoir plus sur la technologie Winback.
Pour Honey, Jane explique avoir choisi la técarthérapie dans l’objectif de soutenir la consolidation osseuse. Il s’agit de l’objectif thérapeutique pour ce patient ; les mesures de locomotion seules ne permettent pas de démontrer un effet sur la réparation osseuse.
L’hydrothérapie pour un exercice contrôlé
L’hydrothérapie a été choisie pour améliorer la condition physique de Honey grâce à un exercice contrôlé.
L’eau soutient le corps pendant l’activité, permettant d’adapter l’intensité de l’exercice aux capacités du patient. Cette approche est utilisée en rééducation après des blessures et des interventions orthopédiques. Source : Royal Veterinary College.
Ensemble, les deux modalités de traitement faisaient partie d’un programme visant à soutenir la récupération et à restaurer la fonction.
Ce que montrent les mesures Tendiboots™
Le rapport compare les enregistrements réalisés les 26 juin et 9 juillet 2026, à treize jours d’intervalle. Les résultats présentés concernent les deux membres antérieurs.
Des appuis presque symétriques
Le 26 juin, la force de réaction au sol normalisée enregistrée était de 15,7 N/kg à droite, contre 19,3 N/kg à gauche. Cet écart est cohérent avec une mise en charge réduite du membre atteint.
Au 9 juillet, les valeurs étaient beaucoup plus proches : 17,8 N/kg à droite et 17,9 N/kg à gauche. La charge enregistrée avait augmenté sur le membre antérieur droit et diminué sur le gauche.
L’indice d’asymétrie de charge maximale du logiciel est passé de 20,4 % à 0,8 %. Lors du second enregistrement, les deux membres antérieurs ont donc présenté des valeurs de charge très similaires.
| Indicateur d’asymétrie des membres antérieurs | 26 juin | 9 juillet |
|---|---|---|
| Charge maximale | 20,4% | 0,8% |
| Longueur de foulée | 36,0 % | 7,0 % |
| Hauteur de foulée | 24,7% | 14,2 % |
| Part de la phase d’appui | 5,4 % | 1,8 % |
| Durée de la foulée | 0,4% | 0,7 % |

Une amélioration nette de la symétrie de la longueur de foulée
L’asymétrie de longueur de foulée est passée de 36 % à 7 %, soit une diminution de 29 points de pourcentage.
Cette évolution montre que les longueurs de foulée des deux membres antérieurs étaient beaucoup plus proches lors du second enregistrement. Associée à une répartition des appuis plus équilibrée, elle constitue un signe encourageant dans la récupération fonctionnelle de Honey.
Interprétation conjointe des mesures
L’asymétrie de hauteur de foulée a également diminué, passant de 24,7 % à 14,2 %, même si un écart persistait. Le membre présentant la hauteur de foulée la plus élevée n’était pas le même lors des deux enregistrements.
Le pourcentage de phase d’appui est devenu plus symétrique, tandis que les durées de foulée étaient déjà très similaires lors de l’évaluation initiale et le sont restées.
Dans leur ensemble, les résultats suggèrent une évolution favorable de la symétrie entre les membres antérieurs, particulièrement pour les appuis et la longueur de foulée. La vitesse de déplacement et les conditions d’enregistrement n’étant pas précisées dans le rapport, ces évolutions doivent être interprétées en complément de l’examen clinique.

Comment Tendiboots™ a accompagné le suivi
Pour Jane, Tendiboots™ a aidé à évaluer les modifications de la charge sur le membre antérieur droit et à rechercher d’éventuels changements compensatoires ailleurs dans le corps.
Le rapport partagé illustre sa valeur pratique : comparer les consultations, quantifier les changements dans la symétrie de charge et identifier les paramètres qui restent asymétriques. Les mesures complètent l’observation clinique et fournissent des points de référence pour le suivi de la récupération.
Comme le rapport fourni ne couvre que les membres antérieurs, il ne permet pas de tirer des conclusions sur les modifications des membres postérieurs ni sur les compensations à l’échelle du corps.
Jane souligne également la valeur de cet outil dans sa pratique :

Une récupération complète rapportée par Jane
Au moment de son témoignage, Jane indiquait que Honey avait complètement récupéré.
Les deux enregistrements illustrent une étape positive dans cette récupération, avec une amélioration nette de la symétrie de charge entre les membres antérieurs. Cependant, ils ne permettent pas de déterminer quand la guérison complète a eu lieu ni de confirmer de manière indépendante la consolidation osseuse.
Ce cas montre comment le suivi de la locomotion peut aider les praticiens à documenter les progrès d’un patient et à mieux comprendre l’utilisation d’un membre blessé après une fracture.

À propos de Jane Charman et de Pet Therapy Rooms
Jane Charman est physiothérapeute vétérinaire et fondatrice de Pet Therapy Rooms, à Sawbridgeworth, au Royaume-Uni. Diplômée de Writtle en 2021 d’un master en physiothérapie vétérinaire, elle est également hydrothérapeute canine qualifiée et possède une qualification avancée en tapis roulant immergé.
Elle s’intéresse particulièrement à la rééducation postopératoire et élabore des programmes de traitement individualisés en étroite collaboration avec les propriétaires. En savoir plus sur Jane et Pet Therapy Rooms.



