Cas de fourbure grave

Focus sur la réhabilitation de la fourbure grave suite à un cas de lymphangite sévère.
Un sauvetage réalisé grâce à la collaboration entre maréchal-ferrant et vétérinaire équin.

Alimentaire, infectieuse, mécanique… les origines de la fourbure

Les causes connues de déclenchement de la fourbure sont variées. D’origine alimentaire, mécanique/traumatique, médicamenteuse, infectieuse ou encore endocrinienne, la fourbure reste une pathologie grave de l’équidé et nécessite une prise en charge vétérinaire immédiate.
L’intervention du maréchal-ferrant quant à elle est nécessaire dans un second temps, quand la phase aiguë de la maladie a été contrôlée.

Concernant la jument suivie dans cet article de blog, le déclenchement de la fourbure est dûe à une grave altération de la circulation lymphatiques des membres.

La jument a d’abord présenté des signes de fourbure légère sans réelle difficulté de prise en charge pour des professionnels chevronnés. Une situation qui s’est extrêmement dégradée, malgré la grande expérience de l’équipe qui l’a accompagnée.

De la fourbure légère au désabotage

A l’origine de ce cas, la jument ne présentait pas de prédisposition particulière pour la fourbure. C’est un improbable phénomène météorologique qui est à la genèse de sa pathologie.

Les écuries où se trouvent en pension la jument sont situées en pleine terre, en Normandie à proximité de l’autoroute A13. Une région peu connue comme ayant une météo imprévisible.
Pourtant en Juin 2022, la structure équestre est traversée en un instant par une tornade !
En quelques minutes seulement, matériel, chevaux et propriétaires sont prisonniers au cœur de vents violents atteignant les 200 km/h.
De nombreux équidés sont mutilés par les abris démantelés, transformés en projectiles saillants. Une importante chaîne de solidarité entre cavaliers, vétérinaires et habitants des villages environnants se mobilise, pour venir en aide aux chevaux blessés.

Video originale de la tempête enregistrée sur la page Facebook "Ecuries du pré sablé"

Lors de cet épisode, la jument souffre d’importants hématomes, probablement percutée par du matériel volant alors qu’elle se trouvait au pré au moment des faits. Elle est rapidement rapatriée en clinique vétérinaire pour lui apporter les soins appropriés.
L'animal présente des douleurs au niveau d’un postérieur, compatible avec une possible fracture. Après examens, aucune lésion osseuse n’est à déplorer. Mise sous antibiotiques pour contrôler les oedèmes et l’évolution des plaies, la jument ne répond pas aux traitements. Elle déclare une lymphangite sévère au niveau des membres, première étape vers une imprévisible dégradation.

Les gonflements ne diminuent pas malgré la prise en charge par l’équipe vétérinaire, le recours à des antibiotiques critiques ainsi que l’hospitalisation. Une forte fièvre apparaît également.
A ce stade, la jument présente de réelles problématiques de vascularisation au niveau de ses membres et de ses pieds. Elle déclare une fourbure consécutivement à ce phénomène. L’équipe détecte une bascule de la 3ème phalange sur l’antérieur droit. A ce moment de la prise en charge, la fourbure semble plutôt légère. Un protocole classique dans le traitement de la fourbure en maréchalerie est alors adopté. Relever légèrement les talons afin de détendre le tendon fléchisseur profond et limiter les contraintes sur P3.

L’antérieur gauche sera également touché quelques mois plus tard, sans bascule de phalange pour ce pied-ci.
Durant les mois qui ont suivi l’accident, la jument est mise dans une pension pouvant l'accueillir et prodiguer les soins de convalescence. Elle doit également séjourner durant quelques semaines en clinique pour veiller à l’amélioration de son état général mais également prévenir toute aggravation de la fourbure.
Des soins par cryothérapie sont réalisés en complément. Malgré tous les moyens mis en œuvre, les couronnes des antérieurs nécrosent et l’équipe assiste à une désolidarisation de la boîte cornée avec la couronne.
La dégradation se poursuivra malgré les soins préventifs et curatifs prodigués. Incapable de se lever, la jument désabotera partiellement des deux membres avants.

Soins et suivi de fourbure

Dans ce cas, un des enjeux recherché a été d’améliorer la vascularisation très diminuée des pieds atteints par la fourbure.

La partie basse du pied n’était plus vascularisée comme le démontre le phlébogramme ci-contre.

Lors de la phase aiguë il est proscrit d’appliquer une ferrure immédiatement. Le cheval n’est pas en capacité de supporter l’acte de maréchalerie et les risques d’empirer les lésions des pieds atteints sont majeurs.

Il est néanmoins conseillé d’apporter un soutien de la partie postérieure du pied dès les premiers signes de souffrance afin de soulager l’animal.
L’application d’un soutien au niveau de la fourchette et des talons est alors mis en place via des bandages et une plaque de polystyrène de 8mm d’épaisseur par exemple.

Dans le cas de cette jument, les nécroses des pieds ont entraîné des détachements de plusieurs parties de la corne des sabots. Certaines d'entre elles pénétraient les chairs molles de la couronne et du haut du pied.

Sous le poids de la jument et la désolidarisation des structures des pieds, la jument “s’enfonçait” dans ses propres sabots. Un phénomène qui peut être observé dans les cas de fourbures les plus graves, où les tissus mous n’assurent plus la stabilité globale du pied ni le positionnement habituel de la troisième phalange.
Certaines parties internes du pied deviennent visibles de l’extérieur, notamment le bourrelet coronaire. L’application de pansements est indispensable dans ce type de situation.

Sur cette jument, la sole était également perforée par la troisième phalange mettant à nu le chorion.
Dans le cas présenté dans cet article, le duo maréchal/vétérinaire a appliqué une ferrure coller pour sauver au maximum les parties basse des pieds où se trouvaient encore présentes des parties de cornes. Sur la partie haute du pied, les pansements avaient pour effet de protéger les zones sans boîte cornée. La prise en considération de la future corne à pousser était d’une importance capitale.

La ferrure orthopédique appliquée durant toute la prise en charge était un Fer 360 afin de stimuler au maximum et relancer la circulation sanguine dans les sabots. La mise en place des ferrures, leur positionnement, l’application par collage ou brochage etc étaient adaptés à chaque intervention au fil des progrès.

5 Avril 2023
Objectifs recherchés lors de cette intervention
Transition d’une ferrure 360 à une ferrure plus simplifiée. Nécessité d’abaisser légèrement les talons, raccourcir la pince, remettre la phalange à plat, conserver une bonne protection du pied.

Les échanges entre la vétérinaire et le maréchal-ferrant ont permis d’opter pour une solution 100% personnalisée au cas atypique de la jument.
Un fer forgé banané avec support furcal en plus d’une plaque plate en cuir pour une protection maximum de la sole (contrairement aux plaques avec ouverture de fourchette qui n’offrent pas de protection en pince).

Observations avant ferrage :

  • Perte d’épaisseur de sole par rapport aux radios précédentes
  • Alignement en pince qui nécessite d’être retravaillé
  • Phalange trop montée en talon. Un réalignement de l’ensemble est nécessaire

Après parage/ferrage :

  • Réalignement des phalanges satisfaisants
  • Éloignement de P3 du sol
  • Bonne protection de la sole
  • Paroi mieux alignée à la face dorsale de P3
  • Horizontalisation de la troisième phalange (dérotation légère de P3)

La protection de la sole permet de veiller à garder un maximum de structure pour le pied.

Durant le suivi de l’animal, et selon ses capacités, un contrôle en dynamique de celui-ci est réalisé en collaboration avec le vétérinaire et le maréchal.
Est alors appréciée la locomotion du cheval en ligne droite, sur le cercle, au pas, au trot quand cela est possible. Les professionnels observent l’évolution de la locomotion d’intervention en intervention, la présence de gêne/boiterie, l’amplitude des foulées etc
Dans le cas de cette jument ferrée avec des fers 360, l’équipe avait pu observer que la jument cherchait exagérément à reporter son poids sur les pinces.
Les observations en mouvement ont permises de noter qu’au fil des mois et des semaines la jument acceptait petit à petit un posé du pied plus à plat, indiquant une évolution positive de son état.

En statique, la qualité de la repousse de la corne, la présence de sensibilité via la pince à sonder, la palpation des bourrelets coronaires etc. sont des indicateurs quant à la bonne réhabilitation.

Le contrôle radiographique permet de suivre la correcte évolution des structures internes des pieds et de piloter certaines décisions en maréchalerie (stratégie de parage + ferrure).
L’épaisseur de sole, l’équilibre interne/externe, les angularités, la longueur de pince, le contrôle de la pousse des talons classiquement élevés chez les chevaux fourbus, la surveillance du bon maintien de la dérotation de P3 etc sont discutés en collaboration maréchal/vétérinaire pour déterminer la meilleure stratégie à adopter.

En termes d’activité, une restriction de mouvement à été nécessaire durant les 9 mois qui ont suivis l’accident. La jument n’étant plus capable dans un premier temps de se déplacer mais aussi pour ne pas dégrader son état critique.
Un protocole de remise au paddock très progressif et contrôlé a été nécessaire, avec pour objectif final de remettre la jument entièrement au pré pied nu.

Vers une ferrure semi-orthopédique personnalisée

La structure du fer lors de la transition des Fer 360 vers une solution plus simplifiée en avril 2023 pour cette jument s’est composée comme suit :

Support de fourchette pour renvoyer la charge sur l’arrière du pied et répartir le poids sur une plus grande surface portante. Le contact entre le sol et l’arrière du pied est favorisé ainsi que le maintien de la colonne osseuse.

Addition d’une plaque plate en cuir découpée en fourchette pour limiter la perte de sole dû à l’abrasion. La plaque est également ouverte en pince pour limiter les douleurs liée à la troisième phalange.

Silicone pour conserver un bon contact avec le sol, participer au soutien de la colonne osseuse et à la protection de la sole.
Ajout de sulfate de cuivre pour conserver une bonne hygiène du pied en asséchant la sole et la fourchette. L’humidité sous le silicone est ainsi contrôlée.

Fer acier banané. Celui-ci est réalisé à la main pour s’approcher d’une ferrure la plus classique possible. L’enjeu lors de la forge de ce type de fer en banane est de bien placer l’équilibre de la courbe au milieu. Une condition obligatoire pour conserver le léger effet instable de bascule longitudinale. Sans cet équilibre, le cheval chargera en permanence soit en talon, soit en pince sans la possibilité de varier son poids d’avant en arrière à sa guise.

La particularité d’un fer de ce type est de favoriser la vascularisation du pied.

L’ensemble de ces différentes couches sont solidarisées les unes aux autres via des clous situés à l’extrémité des branches du fer.

La jument est ferrée toutes les 5 semaines à ce stade de la réhabilitation.

L’intérêt de la documentation

La documentation des cas, la ferrure réalisée sous contrôle radiographique, la phlébographie etc. sont des outils qui permettent d’assurer un contrôle de la bonne évolution des chevaux pris en charge.

La réalisation du parage et du ferrage sous contrôle radiographique peut être perçue comme une contrainte par certains propriétaires. Effectivement les coûts liés à l’intervention du vétérinaire ainsi que du maréchal-ferrant sont plus importants.

C’est cependant une phase à bien considérer car le cheval est ainsi suivi dans les meilleures conditions pour augmenter ses chances de guérison, limiter les complications éventuelles et prévenir les récidives.

"Il est toujours très intéressant selon moi de contrôler radiographiquement ce que nous faisons." nous partage le vétérinaire équin en charge de ce cas de fourbure grave.

"Malgré toute l’expérience que nous (les vétérinaires) et les maréchaux pouvons avoir, nous sommes parfois amenés à modifier certaines petites choses de manière très infime, de quelques millimètres seulement sans nous en apercevoir réellement... Alors que les répercussions peuvent être néfastes pour la guérison de l’animal.
Cela ne veut pas dire qu’il faut systématiquement réaliser des radios, ce n’est pas le cas quand les choses vont dans le bon sens, que le pied est facilement lisible.
Mais dans un cas comme cette jument, les pieds ont tellement été modifiés que cela me paraît indispensable malgré l’expérience.

Aussi, le gros intérêt de faire des radios post-parage est de pouvoir évaluer l’évolution de J-0 à S+5, pour observer comment le pied a poussé et évolué durant les 5 semaines.
La lecture externe du pied est indispensable, mais les informations internes sont également à mon sens absolument nécessaires en complément.
Avec l’expérience bien sûr on gagne en connaissance mais les choses parfois n’évoluent pas comme on s’y attend, c’est particulièrement vrai avec la fourbure."

Suivi et analyse des pieds

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Les difficultés de la fourbure grave: paroles de propriétaire, vétérinaire équin et maréchal-ferrant

Protocoles de soins lourds et chronophages, coûts financiers, doutes quant aux possibilités de rétablissement de l’animal… Les difficultés liées à la fourbure peuvent être importantes.
Certaines prises en charge nécessitent des investissements financiers et personnels conséquents, que ce soit pour le propriétaire et son entourage, mais également pour le vétérinaire et le maréchal-ferrant.

Du point de vue du propriétaire :

"Clairement, on a eu des moments de doute dans le cas de ma jument. Je remercie le praticien qui l'a prise en charge, car sur trois vétérinaires, seul un a accepté de s’engager dans la bataille." nous partage la propriétaire de la jument présentée dans cet article.

Ekico : Malgré cette volonté à mettre tous les moyens possibles pour sauver la jument, la question de l’euthanasie a-t-elle été abordée avec votre vétérinaire ?

Propriétaire : “Oui ça été évoqué dès le début. La vétérinaire a été transparente avec moi. Elle m’a verbalisé qu’elle ferait tout son possible pour ma jument, qu’elle ne savait pas si nous réussirions à la sauver ou non, mais elle m’a informé qu’elle resterait dans le confort de l’animal. L’euthanasie était une issue possible si la jument ne répondait pas objectivement favorablement à toutes nos tentatives.
J’ai été d’accord avec cela.
J’ai aussi une entière confiance en ma vétérinaire et en mon maréchal-ferrant. Tous deux se sont beaucoup investis en demandant conseils de leur côté sur les chances de guérison de ma jument. Ce sont des choses qui mettent du baume au coeur de voir cette mobilisation.

C'est surtout lors de la phase de nécrose que ça été particulièrement impressionnant et difficile.
Chaque jour, nous refaisions les pansements sans signe notable d’amélioration. Les sabots de la jument semblaient pourrir de l’intérieur, les odeurs associées étaient très fortes. J’ai cru qu’on ne s’en sortirait jamais.”


Effets réels ou supposés, certains propriétaires initient des démarches personnelles supplémentaires dans l’espoir d’aider leur cheval en plus des soins conventionnels : Ostéopathie, shiatsu, compléments alimentaires, voire communication animale.
D’un point de vue financier, les cas de fourbures graves représentent un coût important. Le suivi quotidien, les consommables, la mobilisation du vétérinaire associée à celle du maréchal-ferrant etc. augmentent les dépenses liées à ce type de prise en charge.

Le recours aux assurances/mutuelles pour chevaux peut s’avérer avantageux car celles-ci supportent une partie des frais vétérinaires (hospitalisations, consultations régulières, médicaments etc.) jusqu’à plusieurs milliers d’euros selon les cas. Une prise en charge de fourbure grave peut avoisiner les 10 000€ sur la première année.

Du point de vue du vétérinaire :

Ce cas a été particulièrement complexe. La gestion de la lymphangite, le fait qu’elle ne répondait pas aux protocoles de soins et de traitements habituels, la gestion de ses pieds…on s’est demandé à plusieurs reprises si nous allions arriver au bout.
La jument a du caractère, ce qui je pense est un facteur qui joue. Mais aussi et surtout, sa propriétaire était extrêmement impliquée dans la guérison, sans se disperser dans de multiples directions. Elle a suivi les conseils et les recommandations que nous avions avec son maréchal.
L’environnement de l’écurie est également un facteur favorable. Les propriétaires se sont relayés et soutenus pour apporter les soins de soutien, les soins d'escarres quand la jument ne se relevait plus, les changements de pansements etc.

Du côté des professionnels, l’implication aussi a été importante. À certaine période, nous venions avec le maréchal-ferrant 1 fois par semaine. Certaines interventions atteignaient les 3h.

Durant les phases très critiques, par exemple quand la jument perdait la corne de ses sabots, nous avons décidé avec le maréchal de conserver au maximum les structures encore présentes.
Je pense que cela a pu un peu aider la propriétaire et son entourage à être moins choqués. Il était également clair dès le début que nous n’irions pas sur de l’acharnement et nous accordions une grande importance à observer le moral de la jument. Elle se serait laissée aller nous ne l’aurions pas forcé à se battre et la question de l’euthanasie aurait été étudié.”


Du point de vue du maréchal-ferrant :

“On s’est beaucoup creusé la tête avec la vétérinaire sur ce cas. Pour savoir comment soulager et sauver la jument.
C’était compliqué de devoir gérer le dessous des pieds pour sauver le reste de boîte cornée encore suffisamment saine, et en même temps, gérer le haut des pieds pour construire le futur avec la nouvelle corne à venir.

Gérer la souffrance de l’animal à l’instant T, préparer l’avenir, respecter les réalités du contexte de vie (pré, boxe, lieu avec beaucoup de cailloux ou sablé etc.), faire en sorte que la ferrure tienne jusqu’à la prochaine intervention… beaucoup de paramètres sont à prendre en compte.”

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